Vie pro/vie perso: les enfants? à l’école ! (La citation du chef, façon VDM)

Horloge3

Récemment, j’ai eu une discussion avec mon responsable qui voulait me parler de mes horaires.

C’est bien la première fois qu’on me parle des horaires!

De tous les postes que j’ai occupé jusqu’à présent, même en tant que stagiaire, j’étais libre et jamais surveillée, on parlait de mon travail, de ce qui était bien, de ce qui manquait, de ce qu’il fallait approfondir, pas de mes horaires!

Mais là, dans cette administration vieillissante de province, où l’on doit pointer 4 fois par jour, mon chef veut me parler de « mes » horaires!

Contexte: j’habite à 1h30 de train de mon travail. Le matin, j’ai le choix entre arriver à 8h ou à 10h et le soir, celui de partir à 16h ou à 18h. Entre les deux, rien, à moins de prendre la voiture (ce qui est exclus).

Je fais donc le plus souvent des journées 8h-16h, et une fois par semaine environ, 8h-18h. (Ce qui me fait partir de chez moi à 6h30 et revenir à 17h30 ou 19h30, soit dit en passant. (Sympa la vie de famille quand tu ne vois pas tes enfants le matin et que tu arrives pour les coucher.) (Le fait que les enfants aient moins d’un an et 3 ans ne change rien, évidemment.)

Donc, mon chef veut me parler de « mes horaires« :

Lui: « j’ai constaté, blablabla, que tu ne fais pas tes heures sur la semaine ».

Moi: « mais si je les fais, je n’ai jamais été en négatif, où est le problème? »

Lui: « il y a certaines semaines où tu pars tous les jours à 16h, ça te fait -2h sur les 39h réglementaires ».

Moi: « ben oui, c’est possible que certaines semaines, je sois partie tous les jours à 16h, mais il y a des semaines où je suis restée 2 jours de suite tard pour des réunions à la con. Je n’ai jamais été en négatif au compteur. »

Lui: « oui mais bon, y’a des semaines où tu ne fais pas tes heures. »

Comme on allait tourner en rond (et que ça compte des heures, aussi, de parler des heures faites ou pas faites!) je dévie un peu et évoque (oh malheur sur moi) ma vie de famille: les horaires, cette contrainte de train que je n’ai pas choisi (une maison à vendre qui ne se vend pas), mes enfants en bas âge que je ne vois pas de la journée…

Et là, réplique ultime, qui frôle le point Godwin pour la sacro-sainte articulation vie pro/vie perso: « oui mais bon les enfants, y’a les vacances et les week-ends pour les voir, hein. La journée, ils sont à l’école. »

J’aime mon chef.

(Je rappelle que mes enfants ont 9 mois et 3 ans, alors l’école, euh comment dire… Puis c’est bien connu qu’on n’a pas besoin physiquement de sa mère à cet âge là.) Puis faut les y emmener à l’école (enfin chez l’assistante maternelle quoi), puis les ramener, puis les nourrir, accessoirement leur parler (mais bon, ce sont des enfants, alors est-ce qu’ils comprennent ?).

Épilogue: comme vous l’avez  constaté, ma conclusion est hautement ironique.

Pour la suite de l’histoire: j’ai pu quand même rattrapé le coup en disant que je comprenais son inquiétude vis à vis des horaires et que je ferai un effort (sur la régularité des pointages, parce que, oui parfois, j’oublie tellement ça me gonfle -je vais invoquer la phobie administrative du pointage, c’est à la mode!). Et j’ai fini en disant que je préférais qu’on parle de mon travail plutôt que des horaires. Ce qu’on a fait.

Épilogue bis: je change de poste dans un mois. Bonne nouvelle!

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