Mon corps, notre enfant

En tant que féministe convaincue, je suis une fervente partisane du slogan «mon corps, mon choix». Et suis encore atterrée de voir à quel point il faut se battre pour qu’on laisse les femmes décider de ce qu’elles font à leur propre corps (l’habiller ou pas, le maquiller ou pas, le soigner et comment…)

Cependant quand il s’agit d’un enfant, je me suis retrouvée à penser un peu différemment et même à défendre la position d’hommes (private joke pour dire que le féminisme n’est pas être contre les individus masculins).

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Accoucher comme autrefois, vraiment ?

Un bel article illustré vient apporter de l’eau à mon moulin…

Contrairement à ce que peuvent dire certaines mauvaises langues, ou ce que véhiculent certaines idées reçues, l’accouchement physiologique n’est pas un retour en arrière!

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Il se base sur des connaissances toujours plus pointues de la physiologie, c’est à dire des mécanismes hormonaux, neurologiques, physiques qui sont à l’œuvre lors d’une naissance.

Connaissances que l’on n’avait pas il y a quelques années, ou qu’un obscurantisme (d’origine religieux ou politique) ne souhaitait pas diffuser.

Aussi, autrefois, «on» n’accouchait pas forcément de manière meilleure qu’aujourd’hui. Dire aux femmes qui souhaitent moins de médicalisation lors de l’accouchement, voire même -les folles inconscientes!- qui veulent accoucher chez elles, qu’elles veulent accoucher «comme autrefois» est un total non-sens.

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Sage-femme vs gynéco: qui choisir pour être suivie pendant sa grossesse?

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Oui, il existe des hommes sage-femmes…

 

Évidemment, je ne peux faire de généralités. Il existe de bons gynécologues, de mauvaises sages-femmes, et -au delà des compétences- des gens avec qui cela « passe » mieux que d’autres.

L’information commence à percer doucement mais ne me semble pas encore bien répandue: on n’est pas obligée d’aller chez un gynécologue pour faire suivre sa grossesse. Si tout se passe bien, on peut se faire suivre par son.sa médecin traitant (MG pour médecin généraliste), un.e gynécologue ou un.e sage-femme (SF). Au moindre problème détecté qui dépasse ses compétences, le.la généraliste ou le.la sage-femme vous invitera à consulter un gynécologue, dont les grossesses pathologiques sont la spécialité. Soit dit en passant, je trouve même que c’est plus éthique de consulter MG ou SF quand tout va bien, afin de « désencombrer » les gynécologues qui s’avèrent souvent être débordés.

Vous trouverez sur de nombreux sites ou magazines des informations sur les différences entre ces trois praticiens. Petit lien vers un site officiel, vous avez le choix pour les autres sites! J’avais envie d’illustrer cela avec mon petit exemple -n’ayant aucune valeur statistique, on est bien d’accord !

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Le mot « physiologique » ferait-il peur ?

Premier rendez-vous avec la sage-femme de la maternité.

Pour celles et ceux qui ont suivi: ne trouvant pas de sage-femme accompagnant l’accouchement à domicile dans notre région, je me suis rabattue sur la « petite » maternité niveau I dont j’entends parler en bien « respect, à l’écoute, etc.« .

Pendant ma grossesse, je me suis fais suivre par la sage-femme de l’hôpital du coin, où il  n’y a pas de maternité. J’ai donc pris rendez-vous avec la sage-femme de la maternité pour le premier contact, le dossier médical, tout ça…

J’ai été un peu refroidie sur cette « si charmante » maternité…

Mon mari a tiqué sur les locaux, plus de la première fraicheur… « C’était neuf il y a 13 ans, mais cela n’a pas changé depuis! » [Sa première fille-à-lui est née ici il y a 13 ans, par césarienne programmée]. Moi cela ne m’a pas frappé, je voyais les affiches, les petits dessins très « child-friendly », bon, pourquoi pas. En salle d’attente, affiches placardées pour des groupes de soutien à l’allaitement, pour des cours de massage au bébé… Cela s’annonce plutôt bien. Je ne viens pas pour les locaux mais pour l’humain.

Une fois dans le bureau de la sage-femme, passé les salutations d’usage, on est un peu gênés avec mon mari, mais un premier rdv ce n’est jamais évident. La SF regarde le dossier, évoque nos antécédents médicaux. Une manière de casser la glace. Moment un peu tendu quand mon mari évoque ses autres enfants, on précise bien que ce ne sont pas les miens, mais que la « grossesse et la parité » inscrite sur le dossier concerne bien notre fille commune.

Petit encart sur le diagnostic de diabète gestationnel. Je lui explique que je ne l’ai pas fait en accord avec ma SF, car ne présentant aucun des risques mentionnés en indication de ce test (encore envie de vomir à l’évocation de l’ingestion de la solution de glucose, il y a plus de deux ans déjà). Elle tique un peu, mais n’insiste pas et me prescrit tout de même un test de glycémie à jeun et après le repas. Ok pour une piqure supplémentaire, tant qu’il n’y a pas ce (pu*** de) glucose à ingérer, je ne joue pas ma rebelle.

L’atmosphère se détent.

Et puis arrive la question anodine: « donc vous avez accouché à MaternitéPrivéeNiveauII de la GrandeVille pour votre premier enfant, et maintenant vous venez chez nous ? (sous entendu, dans ce bled pourri) ? Vous avez déménagé? »

Non on n’a pas déménagé (bordel de m*** d’ailleurs, si on pouvait le faire, même pendant mon accouchement, je signe de suite et je porte les meubles entre deux contractions!). Mon mari évoque alors le coté « usine à bébés » de la première maternité, mais aussi l’angoisse du premier accouchement, de la proximité du CHU qui le rassurait… mais que comme tout s’était bien passé, il est plus serein maintenant, et que cette maternité est 15 minutes plus près de chez nous. Je dis alors que le premier accouchement s’est bien passé, mais que je souhaite aujourd’hui quelque chose de plus « physiologique ».  A ce mot, la SF semble tiquer un peu. « Qu’est-ce que vous entendez par physiologique? » Je suis prise de court, je ne pensais pas avoir dit un gros mot, ni employé un terme connoté du genre « naturel » (que je n’aime pas d’ailleurs car n’ayant pas grand sens si pas expliqué). Je bats en retraite, disant que j’ai bien conscience qu’il y a des protocoles hospitaliers et que je ne souhaite pas les contredire mais que je voudrais le moins d’intervention possible, je bredouille… Elle répond que comme c’est une petite maternité, il y a moins d’accouchements par jour, donc les sages-femmes ont plus de temps pour être près des patientes (oui c’est le terme exact qu’elle a employé: donc nous sommes bien des malades qui venont à l’hosto, pas des femmes en pleine santé qui mettons au monde un enfant -aparté pour moi-même-), qu’elles peuvent plus écouter les femmes, mais qu’il n’y a rien de spécialement physiologique.

J’en reste bouche-bée et ne sais pas quoi répondre.

Ensuite, un petit tour en salle d’examen avec un toucher vaginal comme il se doit (ironie), et même une échograhie de 2 minutes pour « vérifier la position du bébé ». Elle avait le bilan de la troisième échographie sous les yeux, datant d’une semaine ! Tête en bas, dos à gauche, mais sait-on jamais s’il s’était mis en siège! Encore un peu plus d’ondes pour ce bébé qui était tranquille, allons-y.

L’entretien se termine bien, je demande si je peux continuer à travailler, espérant pouvoir décaler deux semaines de congé pré-natal en post-natal, l’expérience première me rappelant que c’est surtout en présence du bébé que je suis fatiguée et n’ai absolument pas envie de retourner au travail, alors que maitenant, je me sens en forme. Comme tout va bien pour bébé, que le col est fermé et long, elle me l’accorde. Précisant bien que je ne devais pas insister si ça n’allait pas en cours de route.

Bilan mitigé, donc. J’ai pu demander une chose mais je n’ai pas su m’exprimer sur une autre qui me tenait sans doute plus à coeur.

Je m’en veux terriblement de ne pas avoir insisté plus, de ne pas avoir parlé de projet de naissance, de mes souhaits, de mes attentes…

Pour mon premier accouchement, je n’avais pas d’attente particulières à part de ne pas vouloir de péri « au début » et de voir « comment ça se passerait ». Je n’ai donc pas été frustrée. Mais maintenant, suite à de nombreuses lectures, réflexions, j’ai des attentes plus précises, des demandes et… je n’arrive pas à les exprimer.

J’avais préparé un brouillon de projet de naissance pour me mettre les idées au clair, mais ne l’avais pas amené, me disant qu’avant d’être revendicatrice, je voulais déjà voir comment cela se passait, comment se présentaient les choses. Je pensais inutile de dire haut et fort « je ne veux pas de monitoring en continu » si c’est déjà la pratique de la maison, par exemple.

Au final, je n’ai rien dit…

J’attends donc maintenant avec impatience la visite de la maternité, prévue dans trois semaines, où seront présentés les autres SF, les salles, les équipements et je l’espère les protocoles. Je pense que d’ici là, j’aurai peaufiné mon projet de naissance, préparé mes questions et surtout activé le mode « chieuse-attitude » car ce n’est pas mon caractère naturel, mais là, le jeu en vaut la chandelle. Pour mon bébé, pour moi-même. Pour devenir actrice de mon accouchement, pour ne pas me dévaluer en devenant la petite fille qui fait ce qu’on lui dit.

Il est tellement plus facile de s’indigner par écrit, derrière le confort de l’anonymat et de l’écran d’ordinateur, avec le recul que procure l’écriture sur le clavier, la sûreté de mes avis glânés au fil des lectures… Mais une fois confrontée au face-à-face, à l’affirmation d’une personne en blouse blanche, je me retrouve toute petite. Espérons que pour la fois suivante, je serais plus forte, car plus préparée.

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous eu aussi des attentes déçues ou au contraire, des expériences positives inattendues?