Mon corps, notre enfant

En tant que féministe convaincue, je suis une fervente partisane du slogan «mon corps, mon choix». Et suis encore atterrée de voir à quel point il faut se battre pour qu’on laisse les femmes décider de ce qu’elles font à leur propre corps (l’habiller ou pas, le maquiller ou pas, le soigner et comment…)

Cependant quand il s’agit d’un enfant, je me suis retrouvée à penser un peu différemment et même à défendre la position d’hommes (private joke pour dire que le féminisme n’est pas être contre les individus masculins).

Au sujet de la naissance d’un enfant, donc. Premier constat : c’est la femme qui accouche. Et pas le gynéco ou la sage-femme, hein, merci (une licorne meurt dès que j’entends «le gynéco qui m’a accouché» ou l’homme -aussi doué soit-il qui déclare «les femmes que j’ai accouché» encore entendu récemment à la radio par le Pr René Frydman lui même ! 😠 )
Donc c’est la femme qui accouche. Et elle devrait avoir le choix de comment, où, avec qui, etc. (Le quand est encore un peu hasardeux, malgré les progrès de la médecine !)

C’est son corps qui va subir des changements, des transformations, ressentir la douleur.  La si redoutée douleur. C’est donc à elle de décider. Ou ça le devrait.

Mais.

Mais la naissance concerne aussi l’enfant. Et l’enfant -dans la grande majorité des cas- se fait et en tout cas, s’assume à deux (pour les cas douloureux où ce n’est pas le cas, la question ne se pose pas. Mais en ouvre d’autres…).

Alors oui, je pense que les choix dans la manière d’accoucher devraient être discutés à deux.

Parce qu’il est difficile d’accoucher si votre compagne/compagnon

n’est pas d’accord avec vos décisions.

C’est un moment où, même si vous êtes physiquement seule avec vote corps et votre douleur, vous avez besoin de soutien, ou de réconfort ou de tranquillité voire de solitude. Et c’est quand même agréable voire nécessaire d’être entourée par quelqu’un qui s’assure que vos besoins soient respectés (y compris celui d’être seule si c’est ce que vous souhaitez). Qui est le mieux placé pour vous soutenir dans ce moment que la personne qui partage votre vie ? On peut souhaiter que le père ne soit pas présent physiquement, il n’en reste pas moins qu’il a un rôle à jouer. Un désaccord sur ce sujet rendrait le moment encore plus difficile.

Parce que même si vos choix sont rationnels, réfléchis, documentés,

les réactions face à une naissance peuvent être totalement irrationnelles.

J’ai rarement vu autant de sujets déchainer tant de passion et avec tant de méconnaissances… (et confirmer l’adage «moins on sait, plus on en parle ». Spéciale dédicace à mon beau-frère qui a proprement engueulé son frère -mon mari donc- quand on a parlé d’AAD. Mon beau-frère a beaucoup accouché dans sa vie, beaucoup…)

Parce que l’autre parent peut avoir d’autres raisons (pertinentes ou non)

mais croire que l’on met son enfant en danger.

Et c’est aussi son enfant. Donc ses sentiments doivent être pris en compte ! Si une personne à qui vous confiez votre enfant ne l’attache pas en voiture, vous ne serez certainement pas d’accord (j’espère!), même si c’est votre conjoint.e. Il me semble que c’est du même domaine pour la naissance. Si l’autre parent a le sentiment que l’on met son enfant en danger, il est en droit de vous le dire ! C’est d’ailleurs tout le répertoire des médecins et autres «soignants» qui cherchent à nous faire culpabiliser et nous dissuader de l’AAD. Jouer sur le registre de la peur et du «et si».

A nous, femmes, d’arriver à convaincre notre partenaire du bien-fondé de notre désir d’accoucher comme on le souhaite.

(Spoiler: ce n’est que le début de longues discussions à avoir au sujet des enfants !)

Qu’en pensez-vous ? Étiez-vous d’accord avec votre partenaire sur la naissance ou avez-vous du en discuter ?

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5 réflexions au sujet de « Mon corps, notre enfant »

  1. « A nous, femmes, d’arriver à convaincre notre partenaire du bien-fondé de notre désir d’accoucher comme on le souhaite. »
    Oui : les pauvres, ils sont incapables de se renseigner tout seuls, comme des grands. Heureusement qu’on est là pour les materner jusqu’au bout.
    Et si on n’arrive pas à les convaincre, on doit donc aller dans leur sens? Parce que les pauvres, sinon ils auraient trop peurs.

    Pour moi c’est simple : c’est mon corps, et c’est mon accouchement, et c’est moi qui décide.
    Mon conjoint à droit à ses sentiments, je dis pas le contraire, et s’il a peur il a le droit de m’en parler. Et je l’écoute, certes.
    Mais il a aussi le droit de se responsabiliser un peu, se comporter comme un adulte, et se renseigner.

    C’est fou que quand ce sont les femmes qui ont des « peurs » et tout on les denigre (t’as tes regles, les hormones etc) mais contre, oulalala, dès qu’un homme a des sentiments, là c’est terrible, il faut vite le materner.

    Je trouve que cet article est quand meme un peu vache pour les hommes lol.
    Ils savent lire. Ce sont pas des bébés. Moi je vais pas passer ma vie à convaincre les gens d’être d’accord avec mes choix (ceux qui me revienne, et qui me concernent exclusivement, car il s’agit de mon corps pas le sien). Et encore moins mon conjoint que je respecte sufissament pour ne pas materner.

  2. Si une personne à qui vous confiez votre enfant ne l’attache pas en voiture, vous ne serez certainement pas d’accord (j’espère!), même si c’est votre conjoint.e. Il me semble que c’est du même domaine pour la naissance. Si l’autre parent a le sentiment que l’on met son enfant en danger, il est en droit de vous le dire !

    Peut être que la comparaison est un peu limite, car un AAD n’est pas plus dangeureux qu’un accouchement en structure hospitalière, et si c’est pour se faire traumatiser/charcuter…

    Si le pere a des sentiments irrationnels il peut aussi se renseigner…

  3. Bonjour, merci pour vos commentaires ! Loin, très très loin de moi, l’idée de déresponsabiliser les hommes, bien au contraire ! J’ai sans doute mal formulé, mais justement, c’est ce que je voulais dire dans ce texte: le corps est celui de la femme qui donne naissance, l’enfant est aux deux parents.
    Ce que je veux dire aussi, c’est qu’avant d’être confronté à une situation, on a des idées, et on n’a pas forcément lu toute la bibliothèque universitaire ni écrémé tout le web pour se faire son opinion éclairée. Surtout face à un sujet qui touche à l’émotionnel. J’ai lu beaucoup de témoignagnes de femmes qui ont été très surprise de la réaciton quasi épidermique de leur conjointe à l’annonce de leur envie d’AAD. La peur est très bien entreenue autour de la naissance, et elle peut ressortir inconsciemment.
    Donc oui, évidemment, les compagn.e.ons peuvent (et doivent) se renseigner aussi par eux-mêmes, se faire leur propore opinion. Ce que je veux dire dans ce texte, c’est que je trouve préférable que les deux parents soient d’accord pour le type de naissance, et pas que la femme concernée « l’impose » à son.sa conjoint.e parce que c’est son corps. Oui c’est son corps mais si l’autre parent n’est pas convaincu du bien-fondé de la démarche -qui est présentée comme atypique dans notre société- cela peut vite mal tourner.
    Moi je suis persuadée qu’un AAD est moins dangereux qu’un accouchement en structure (si toutes les conditions sont réunies). Mais l’idée récurente et inconsciente véhiculée par l’entourage n’est pas celle-là. Il faut donc « forcer », expliquer, donner les arguments… Cela ne va pas de soi !
    Pour l’ex de la voiture, la société est d’accord que ne pas attacher son enfant est dangereux. Toutes les études le prouvent. Vous serez très mal vue par vos voisins, entourage, etc si vous laissez votre enfant sans ceinture. Pour l’AAD c’est le contraire. C’est une idée marginale et il faut donc êrte armée pour la défendre. Je peux concevoir qu’on n’y conniasse rien, amsi comme plus on y connait rien, mieux on en parle, c’est parfois difficile à défendre !
    C’est en cela que je dis que c’est à celui qui souhaite ce choix « différent » de convaincre l’autre conjoint de ses arguments, ou en tous cas de les lui présenter et d’avoir une discussion éclairée sur le sujet…

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